Feu à Martigues : incendie maîtrisé par les pompiers
Le 17 juillet 2025, vers 19h30, un violent feu de forêt se déclarait à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Ce sinistre, alimenté par un mistral puissant et une végétation desséchée, a rapidement pris une ampleur considérable au nord-ouest de Marseille. Passionné par l'univers du secours, je suis de près ce type d'intervention hors norme, et celle-ci méritait toute mon attention : 800 sapeurs-pompiers mobilisés, 154 hectares parcourus par les flammes, et une issue heureuse grâce à une lutte acharnée.
Près de 800 pompiers mobilisés face à un incendie d'ampleur remarquable
Un dispositif terrestre et aérien sans précédent
Face à la progression fulgurante des flammes, les Pompiers13 ont immédiatement engagé 500 de leurs effectifs, renforcés par des colonnes de renfort extérieures pour atteindre 800 sapeurs-pompiers au total. Deux cents engins terrestres ont quadrillé le terrain tandis que neuf avions, dont 7 Canadair et 2 Dash, frappaient les flancs du feu depuis les airs. Deux hélicoptères bombardiers d'eau complétaient ce dispositif aérien unique.
Le sous-préfet Bruno Cassette l'a déclaré sans détour : jamais un incendie n'avait mobilisé autant de moyens dans le département en 2025. Le Colonel Pierre Bépoix commandait les opérations, secondé par le Colonel Jean-Luc Beccari, chef de Corps des Pompiers13, et le Commandant Stéphane Guyot.
Des conditions météorologiques extrêmes
Le mistral soufflait avec des rafales atteignant 70 à 75 km/h. Cette force des éléments naturels, combinée à une pente ascendante et à la végétation desséchée, poussait le feu à une vitesse dépassant 1,5 km/h. Un panache de fumée impressionnant montait sur la région.
La nuit du 17 au 18 juillet, les sapeurs-pompiers ont recouru au feu tactique et posé des barrières de retardant terrestres pour créer des verrous sur certains flancs. Une technique minutieuse, dans l'obscurité, face à des éléments naturels déchaînés.
Évacuations, confinements et menaces sur les habitations riveraines
150 personnes mises en sécurité
150 personnes ont été évacuées vers quatre sites à Sausset-les-Pins et Martigues. Le gymnase Alain Calmat accueillait 24 d'entre elles, avec une capacité de 150 lits et des kits d'hygiène prévus. Les quartiers de La Folie et des Gorges des Aires à Sausset-les-Pins ont été vidés de leurs habitants. L'école de Lavéra et la maison de quartier à Martigues servaient également de points d'accueil.
Les habitants de Saint-Julien-Les-Martigues et des Ventrons ont reçu des consignes strictes de confinement : rester dans un bâtiment en dur, fermer volets et portes. La départementale D5 a été fermée dans les deux sens. Des chevaux et des animaux de la Chatterie ont aussi été évacués dans ce secteur.
Une centaine de maisons dans l'axe du feu
Le feu progressait vers le hameau des Cormes et l'oratoire de Saint-Julien. Environ 100 maisons se trouvaient directement menacées. Le secteur de Total La Mède a finalement été protégé grâce à des actions ciblées des pompiers. Deux sapeurs-pompiers ont subi des blessures légères. Aucune victime civile n'est à déplorer.
Une situation maîtrisée au modeste matin, dans un contexte d'été à haut risque
Du feu fixé au noyage des points chauds
Dès le vendredi matin, la hausse du taux d'humidité et l'inflexion du vent ont favorisé un premier tournant. Le feu a été fixé en milieu de soirée vendredi. Les opérations de noyage et le traitement des points chauds ont ensuite occupé les équipes tout le week-end, maintenant une vigilance absolue sur le terrain.
Selon le bilan de la préfecture vers 22h30, 154 hectares avaient brûlé, contre 135 hectares estimés auparavant par le sous-préfet Bruno Cassette. Ce chiffre reste bien loin du drame du 4 août 2020, où un incendie avait ravagé 1 000 hectares à Martigues, entraînant des évacuations par bateau.
Un été 2025 sous haute tension
Ce feu intervient deux jours après l'incendie des Pennes-Mirabeau du 15 juillet 2025, qui avait parcouru 750 hectares et détruit 60 bâtiments, principalement à L'Estaque. Ce 17 juillet, les Pompiers13 géraient 31 départs de feux simultanément sur tout le département. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau avait averti lors d'une visite dans les Bouches-du-Rhône : cet été présente un risque incendie particulièrement élevé.
Face à ces alertes répétées, les consignes restent essentielles : composer le 18 ou le 112 uniquement en cas d'urgence réelle, laisser les portails ouverts pour faciliter le passage des secours et ne jamais encombrer les routes d'accès. Ces réflexes peuvent faire la différence entre une intervention rapide et une catastrophe.
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