Manoeuvre feu de VL pompier : techniques d'extinction
Un feu de véhicule léger, ça semble anodin. Pourtant, depuis une catastrophe survenue dans le Rhône impliquant un véhicule roulant au GPL, les services de secours ont dû repenser leurs approches. Le risque d'explosion liée à la dilatation d'une bouteille sous pression change radicalement la donne. C'est précisément ce qui rend la manoeuvre feu de VL pompier si spécifique : chaque geste compte, chaque distance est calibrée. La note d'information du 22 juin 1999, issue de la DDSC (Direction Départementale de la Sécurité Civile), pose le cadre réglementaire de cette intervention. Voici comment elle se déroule concrètement.
Protocole d'intervention et techniques d'extinction pour un feu de véhicule léger
Phase 1 : positionnement du fourgon et équipements obligatoires
Tout commence avant même de déboucher une lance. Le fourgon se positionne sur les trois quarts avant du véhicule en feu, à la distance réglementaire prescrite. Ce placement n'est pas anodin : il offre une protection naturelle au binôme d'attaque tout en optimisant l'angle d'intervention.
Côté équipements, aucune improvisation n'est tolérée. Le GNR (guide de Normandie), utilisé en formation, est explicite : tenue de feu complète homologuée, cagoule, gants, et casque F1 avec bavolet et visière intégralement baissée. La protection individuelle n'est pas négociable.
Phase 2 : approche et technique d'extinction en trois temps
La progression du point d'eau vers le point d'attaque suit une logique précise. À 20 à 25 mètres du véhicule, le binôme ouvre la lance à débit maximum en jet bâton pour rabattre les flammes. Simultanément, un tapis de mousse à l'eau dopée tapisse le sol sous le véhicule. Ce geste limite la propagation et prépare l'approche.
L'équipe s'avance ensuite à 5 à 10 mètres en passant en jet diffus d'attaque. Attention particulière à la soupape : son déclenchement soudain peut surprendre. Le chef cale alors la lance en position fixe, au niveau du volant (ce qu'on appelle la position volant), en jet diffus continu. Pendant ce temps, l'équipe repli se replace derrière l'écran du fourgon et attend que le véhicule soit noyé.
Phase 3 : extinction GPL et refroidissement de 20 minutes
Une fois les flammes maîtrisées, le travail ne s'arrête pas. L'identification de la nature du carburant devient prioritaire. Si la présence de GPL est confirmée ou simplement suspectée, l'ouverture du coffre capot s'impose pour évaluer la situation.
Vient ensuite la phase critique du refroidissement réservoir : un refroidissement continu à l'eau dopée en jet diffus, d'une durée de 20 minutes, est impératif pour prévenir tout phénomène de dilatation susceptible de provoquer une explosion. Ce délai, ancré dans les mémoires de formation depuis la note de 1999, reste une règle d'or même si son statut dans les textes réglementaires actuels mérite vérification.
Parallèlement, un périmètre de 100 mètres de rayon se met en place avec l'appui des forces de l'ordre (police ou gendarmerie). La zone de travail de 50 mètres reste strictement réservée au binôme autorisé. L'arrière du véhicule mérite une vigilance particulière : un angle d'environ 30 degrés constitue une zone dangereuse à ne jamais traverser. Un seul binôme d'attaque par lance est autorisé, les autres intervenants demeurant en retrait.
Cette procédure, rarement appliquée dans sa totalité faute de confirmation du carburant avant l'arrivée des secours, exige pourtant d'être maîtrisée parfaitement. Préparez-la en entraînement, anticipez l'extinction GPL dès le départ pour votre sécurité.
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