Manœuvres incendie pompiers M1 à M6

Par Hervé 4 min de lecture
Manœuvres incendie pompiers M1 à M6

Les manœuvres M1 à M6 issues du Guide National de Référence (GNR) constituent le socle codifié de la formation extinction chez les sapeurs-pompiers français. Ces séquences d'entraînement structurent les établissements d'extinction depuis des décennies. En 2018, la DGSCGC a publié le GTO « Établissements et techniques d'extinction », remplaçant officiellement ce référentiel. Je rappelle, comme le souligne Rescue18, que ces informations ne se substituent pas au Règlement d'Ordre SDIS en vigueur localement. L'armement des engins peut varier d'un service à l'autre.

Les manœuvres M1 à M6 : définition et rôle dans le GNR

Six manœuvres structuraient autrefois l'ensemble des établissements structures au sein du Guide National de Référence. Chacune couvre un scénario précis d'intervention. La M1 concerne l'établissement LDT, autrement dit la mise en œuvre de la Lance Dévidoir Tournant. La M2 traite de l'alimentation prise d'eau, tandis que la M3 porte sur l'établissement d'une lance sur cette même prise.

La M4 organise l'alimentation de l'engin, depuis le poteau jusqu'à la mise en aspiration. La M5 introduit la lance mousse, indispensable sur certains sinistres. Enfin, la M6 couvre le remplacement prolongation tuyau, opération délicate en pleine intervention.

Ces manœuvres ne sont pas de simples exercices abstraits. Elles forgent des réflexes précis chez chaque équipier, garantissant une coordination rapide lorsque les secondes comptent.

Le déroulement concret d'une manœuvre incendie

Le cadre d'ordre du chef d'agrès

Avant toute action, le chef d'agrès respecte un cadre rigoureux. Il informe ses personnels du motif de l'intervention, acquiert rapidement la situation, puis formule un ordre préparatoire suivi d'un ordre d'exécution. Ce protocole obéit au cadre SMES, garant d'une communication claire sous pression.

Le déroulement de la M1 avec la LDT

Prenons la M1. Le fourgon pompe-tonne stationne, dévidoir à l'arrière. Le chef d'agrès positionne ses hommes en deux rangs. Il désigne le chef BAT équipier BAT d'un côté, le chef BAL équipier BAL de l'autre.

Le chef BAT saisit la Lance Dévidoir Tournant avec deux réserves. Les équipiers déroulent le tuyau progressivement : au premier raccord tuyau, l'équipier BAT prend le relais, au second le chef BAL, au troisième l'équipier BAL. Le chef d'agrès désigne alors le point attaque et le point eau. Quand son équipier l'a rejoint et posé son raccord, le chef BAT crie "halte". L'équipier répète l'ordre, l'épaule. La lance s'ouvre. Le feu est attaqué.

Les variantes locales et adaptations départementales des manœuvres

Chaque SDIS interprète le GNR à sa façon. Résultat : une diversité réelle de variantes départementales sur le terrain. Certains services utilisent une numérotation M1.1 M2.3, d'autres poussent jusqu'à M14 pour couvrir des situations spécifiques comme la reconnaissance ARI, le sauvetage excavation, l'escalade crochet ou encore l'intervention gaz.

La Drôme illustre parfaitement cette logique : ses manœuvres complémentaires incluent M2.1 pour l'alimentation avec tuyaux roulés, M3.1 avec une commande extérieure, M3.2 via l'échelle à coulisse, M3.3 sur échelle aérienne. En Maine-et-Loire, la M9 organise l'alimentation de l'engin par l'établissement. Le Haut-Rhin possédait son propre guide, avec une migration prévue vers le référentiel national à partir de 2008.

Les critiques pointent deux problèmes persistants malgré ces évolutions : les tuyaux roulés et le sens établissement génèrent des risques réels de blessure dorsale et de fatigue dos chez les sapeurs-pompiers.

Le nouveau GTO de 2018 : une évolution des établissements d'extinction

Le GTO DGSCGC publié en 2018 redéfinit entièrement les manœuvres pédagogiques pour les établissements structures. Place désormais aux binômes sapeurs-pompiers, avec six nouvelles références.

ETB-1 reprend l'établissement de la lance en eau du dévidoir tournant. ETB-2 organise une division d'alimentation ou d'attaque en prolongement. ETB-3 établit une ligne d'attaque sur prise d'eau, ETB-4 gère l'alimentation dispositif hydraulique. L'ETB-5 regroupe les établissements particuliers : lance mousse avec injecteur mobile, lance queue de paon et lance canon. Enfin, ETB-6 traite la prolongation ou le remplacement de tuyau, incluant la transformation tuyau Z en O.

Les manœuvres pédagogiques filmées impliquent 6 ou 8 sapeurs-pompiers : un chef d'agrès, un conducteur, deux ou trois binômes. Le matériel de base associe chef BAT équipier BAT, projecteur commande, ARI, chef BAL équipier BAL. Les établissements d'alimentation à plus de 20 mètres (types A1 et A2) mobilisent soit des pré-connectés, soit le dévidoir, garantissant la souplesse nécessaire face à chaque configuration de sinistre.

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