marins pompiers
Ils représentent seulement 5 % des pompiers militaires de France, mais leur empreinte opérationnelle est bien au-delà de ce chiffre. Les marins-pompiers forment des unités d'élite de la Marine nationale française, déployées dans les bases navales de Toulon, Cherbourg, Brest et l'Île Longue, ainsi qu'au sein du célèbre Bataillon de marins-pompiers de Marseille. Aux côtés des sapeurs-pompiers de Paris et des pompiers de l'air, ils incarnent une double identité : militaire et profondément ancrée dans la sécurité civile. Passionnant à visiter.
Comment devenir marin pompier et quelle formation suivre ?
Les conditions d'accès au métier
Intégrer la spécialité demande de satisfaire à des critères précis. Le candidat doit avoir entre 18 et 26 ans, être de nationalité française, jouir de ses droits civiques et savoir nager. Le niveau scolaire exigé va du brevet des collèges jusqu'au BAC+3 maximum. La Journée Défense et Citoyenneté et le permis B sont également indispensables.
Sur le plan physique, la discipline militaire commence dès la sélection. La taille minimale requise est de 1,50 m pour le personnel féminin et 1,54 m pour le masculin. Une bonne acuité visuelle et une condition physique solide sont impératives. 68 % du personnel militaire est d'ailleurs sous statut contractuel, avec des contrats initiaux de quatre ans.
La sélection comprend un QCM, des épreuves sportives exigeantes, un test de vertige, un entretien de motivation et un examen psychologique. Environ 200 marins pompiers sont recrutés chaque année pour rejoindre les rangs de la Marine nationale. Ce chiffre illustre bien la sélectivité du processus, mais aussi l'attractivité constante du corps.
Le parcours de formation initiale
La formation initiale dure environ 19 semaines, découpées en deux phases distinctes. Les six premières semaines constituent la formation initiale élémentaire (FIE), militaire et maritime, dispensée à Saint-Mandrier, Brest ou Querqueville. L'aspect physique y est très présent, mais l'encadrement reste professionnel.
Les 13 semaines suivantes se déroulent à l'École des marins-pompiers de la Marine (EMPM), sur le site de La Parette à Marseille, pour une formation orientée métier. À l'issue, les recrues obtiennent le grade de Quartier-Maître de la Flotte avec la spécialité MAPOM pour les marins-pompiers de Marseille, ou MARPO pour les bases navales et aéronavales.
La validation du Brevet d'Aptitude Technique (BAT) intervient après deux ans d'affectation en poste. Ce parcours structuré illustre parfaitement ce que je trouve captivant dans ce corps : l'exigence ne s'arrête pas à la sélection, elle se prolonge tout au long de la carrière.
Quel est le salaire d'un marin pompier et quelles évolutions de carrière sont possibles ?
La rémunération selon l'expérience
Le salaire d'un marin pompier en début de carrière se situe entre 24 000 et 29 000 euros bruts annuels, soit environ 2 000 à 2 400 euros bruts par mois. Une rémunération cohérente avec le statut militaire et les contraintes du métier, notamment les heures de garde et les astreintes.
Avec l'expérience, la progression est réelle. Un profil confirmé peut percevoir entre 31 300 et 36 000 euros bruts par an, soit 2 608 à 3 025 euros bruts par mois. Ces chiffres ne reflètent pas les primes et indemnités spécifiques liées aux missions particulièrement risquées ou aux sections opérationnelles spécialisées.
Les étapes d'évolution professionnelle
Tout commence comme équipier, aussi appelé matelot. Après une à deux années d'expérience, le marin pompier peut accéder au poste de chef d'équipe. C'est une montée en responsabilité progressive, encadrée par des grades bien définis et des brevets à valider.
Avec au moins quatre ans de poste, il peut passer le BAT pour devenir chef d'agrès engin à une équipe. Le Brevet Supérieur (BS) permet ensuite de commander tout type d'engin, tandis que le Brevet de Maîtrise (BM) ouvre la voie au poste de chef de groupe. Ce qui me frappe dans cette progression, c'est la cohérence entre formation continue et évolution opérationnelle.
Quelles sont les missions des marins pompiers ?
Les interventions quotidiennes
En 2019, le BMPM a réalisé 125 600 interventions, soit une toutes les 4 minutes. Rapporté à la population, cela représente 137 interventions pour 1 000 habitants à Marseille, contre seulement 71 sur le reste du territoire français. Un écart saisissant qui dit beaucoup sur l'intensité du travail quotidien.
83 % de ces interventions relèvent du secours à personnes, médicalisées ou non. La lutte contre l'incendie, la gestion des accidents et la protection des installations militaires dans les bases navales complètent un tableau opérationnel très dense. Le sauvetage en mer via la capacité CAPINAV distingue aussi les marins-pompiers des sapeurs-pompiers classiques.
Les missions spécialisées et les sections opérationnelles
Le BMPM compte sept sections opérationnelles spécialisées (SOS), chacune avec un domaine d'intervention précis. SOS AQUA regroupe 158 marins-pompiers dont 36 plongeurs pour les opérations maritimes, avec 260 interventions annuelles. SOS DEPOL mobilise 205 marins-pompiers contre les risques technologiques et la pollution. SOS USAR avec 136 marins-pompiers et six équipes cynotechniques prend en charge la recherche en milieu urbain et le sauvetage déblaiement.
SOS HELI compte 110 marins-pompiers pour les interventions héliportées, organisés en groupes de 11 commandos. SOS RT avec 120 marins-pompiers et SOS GRIMP avec 80 marins-pompiers sur trois casernes assurent des missions complémentaires. L'Équipe Opérationnelle Spécialisée Appui Robotisé, créée en 2020 avec 16 marins-pompiers, illustre la modernisation permanente des outils de gestion des crises.
Le Bataillon de marins pompiers de Marseille, une unité rare en France
La naissance du bataillon et son histoire
Tout part d'un drame. Le 28 octobre 1938, l'incendie des Nouvelles Galeries ravage Marseille et tue 73 personnes. Ce catastrophe pousse les autorités à agir : le décret-loi du 29 juillet 1939 crée officiellement le BMPM. Mais l'histoire des pompiers marseillais est bien plus ancienne.
Dès 1737, une première pompe achetée 1 219 livres à Amsterdam via la Compagnie Andriely arrive dans la cité phocéenne. La compagnie des sapeurs-pompiers de la Garde nationale est formée le 25 septembre 1815. Le 18 mars 1883, le maire Jean-Baptiste Brochier structure un corps de 85 hommes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bataillon mène une notable activité de résistance, et Marseille reçoit la Croix de guerre avec palme en 1950, après la libération.
Le BMPM reste aujourd'hui la seule unité militaire française placée directement sous les ordres d'un maire. Il ne relève pas d'un SDIS, ce qui en fait une organisation à part entière parmi les services d'incendie français. Son drapeau, 8e de la Marine nationale, a été remis le 30 avril 1982 par Charles Hernu. Le 8 mars 2019, Christophe Castaner lui remettait la Médaille de la sécurité intérieure. La devise reste celle de la Marine : Honneur, Patrie, Valeur, Discipline.
L'organisation et les effectifs actuels
Le BMPM comptait entre 2 400 et 2 520 personnels en 2020, dont 1 900 marins-pompiers, 100 officiers et médecins, 300 marins de la flotte et 100 employés municipaux. Environ 7 % de femmes composent ces effectifs. Depuis le 1er juillet 2022, le vice-amiral Lionel Mathieu en est le 28e commandant.
Depuis 2008, deux groupements opérationnels structurent le bataillon : le groupement nord et le groupement sud. Le BMPM arme 22 centres d'incendie et de secours et deux détachements. Son budget atteignait 112,469 millions d'euros en 2020, dont 65 % financés par la Ville de Marseille, soit 78 euros par habitant et par an.
La formation continue et les outils spécialisés des marins pompiers
L'école des marins pompiers et ses dispositifs pédagogiques
L'EMPM fonctionne sur deux sites marseillais : La Parette pour la formation initiale, La Rose pour la formation continue. En 2019, elle a formé 507 élèves, dont 72 % de MAPOM. Quotidiennement, environ 200 élèves y travaillent, encadrés par une cinquantaine de formateurs et 25 personnels de soutien.
Les formations continues s'échelonnent selon les grades visés : le BAT prépare à devenir chef d'agrès, le BS permet de commander tout type d'engin, le BM forme au commandement d'un groupe. Cette montée en compétences progressive garantit la qualité opérationnelle des pompiers municipaux de Marseille.
Le centre d'entraînement aux techniques d'incendie et de survie
Ouvert en 2005, le CETIS utilise des simulateurs pour former aux techniques de lutte contre l'incendie et de survie en milieu extrême. Il accueille aussi des formations destinées à des entreprises privées comme Total et Michelin, ainsi qu'à plusieurs SDIS. Cette ouverture vers le secteur industriel illustre l'expertise reconnue du BMPM en matière de risques technologiques.
Le parc matériel du bataillon est impressionnant : plus de 750 véhicules et engins, dont 71 camions citernes feux de forêts, 17 échelles pivotantes, 34 moyens flottants incluant deux bateaux-pompes entrés en service en 2018 et 2019, et deux hélicoptères bombardiers d'eau loués pendant la saison estivale. Un véhicule laboratoire de spectrométrie de masse permet l'analyse des feux de navires et produits toxiques. Pour les feux de forêts majeurs, jusqu'à 150 marins-pompiers supplémentaires viennent renforcer les 230 opérationnels habituels, appuyés par les 43 CCF disponibles. Ce dispositif saisonnier, calé sur le régime été du 15 juin au 15 septembre, avec 24 heures de garde alternées de repos et astreinte, témoigne d'une gestion des crises rigoureuse et parfaitement rodée.
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