Manœuvre incendie ETB1 à ETB6 : établissements
En 2018, la DGSCGC (Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises) a publié le GTO « Établissements et techniques d'extinction », remplaçant définitivement les anciennes manœuvres M1 à M6 du GNR. Ce changement structurant a redessiné l'approche opérationnelle des sapeurs-pompiers face aux incendies de structures. Ce qui m'a immédiatement frappé en découvrant ce document, c'est sa logique en binômes, bien plus adaptée aux réalités du terrain. Ces nouvelles manœuvres ETB s'appuient sur distincts types de tuyaux et peuvent varier selon les équipements propres à chaque SDIS. Cet article s'appuie sur le GTO et des vidéos pédagogiques, sans se substituer au règlement opérationnel en vigueur localement.
Le cadre d'ordre pour les manœuvres incendie ETB
Le chef d'agrès porte une responsabilité centrale dans le déclenchement d'une manœuvre. Dès le trajet, il informe les personnels du motif de l'intervention. Pas question d'arriver sur place sans que chaque binôme sache déjà ce qui l'attend.
Une fois sur les lieux, il acquiert rapidement la situation, formule un ordre préparatoire puis un ordre d'exécution précis. Ce parcours répond au cadre d'ordre SMES (Situation, Mission, Exécution, Sécurité), garant d'une coordination utile lors des techniques d'extinction.
L'équipe type réunissant six ou huit sapeurs-pompiers comprend un chef d'agrès, un conducteur et deux ou trois binômes. Ce FPT armé de tuyaux en écheveau constitue la configuration standard décrite par le GTO pour la quasi-totalité des manœuvres ETB.
Les six manœuvres ETB pour les incendies de structures
Le GTO liste précisément 6 manœuvres ETB dédiées aux incendies de structures. Chacune répond à une situation opérationnelle distincte. ETB-1 concerne l'établissement de la lance en eau du dévidoir tournant, couramment appelé LDT.
ETB-2 porte sur l'établissement d'une division d'alimentation ou d'attaque en prolongement. ETB-3 traite l'établissement d'une ligne d'attaque sur une prise d'eau. ETB-4 concerne l'alimentation d'un dispositif hydraulique.
ETB-5 regroupe les établissements particuliers : lance mousse via un injecteur mobile, lance queue de paon et lance canon. ETB-6, enfin, couvre la prolongation d'établissement ou le remplacement de tuyau. Ces manœuvres s'adaptent aux tuyaux sur dévidoir, en couronne ou en écheveaux.
Les manœuvres complémentaires et missions annexes
Au-delà des six manœuvres principales, le GTO décrit plusieurs déclinaisons complémentaires. Les manœuvres avec tuyaux pré-connectés couvrent trois cas : P1 pour une lance ou division pré-connectée, P2 pour la même configuration hissée, et P3 au moyen de l'échelle à coulisse.
Les manœuvres épaulées comprennent E1 pour une lance épaulée ou division, E2 pour une configuration de plain-pied, et E3 pour une lance sur colonne sèche. Les manœuvres d'alimentation A1 et A2 interviennent dès que la distance dépasse plus de 20 mètres, selon le type d'équipement disponible. A3 concerne l'alimentation par l'établissement.
Les missions annexes AX1 à AX4 complètent ce dispositif : alimentation d'une prise d'eau via le dévidoir, prolongement d'établissement, remplacement de tuyaux, et transformation du tuyau Z en O.
Adapter les manœuvres ETB selon les équipements de chaque SDIS
Chaque SDIS dispose de ses propres choix d'armement. Le SDIS 31 (Haute-Garonne) et le SDIS 67 (Bas-Rhin), tous deux cités comme sources avec APIS et la DGSCGC, illustrent bien cette réalité : leurs équipements diffèrent, et leurs manœuvres locales aussi.
Les déclinaisons fines des manœuvres ETB peuvent faire l'objet de documents de référence interne propres à chaque service. C'est pour ça que connaître son R.O reste indispensable, même pour un sapeur-pompier qui maîtrise le GTO sur le bout des doigts.
Curieux du sujet, je recommande vivement de croiser la lecture du GTO « Établissements et techniques d'extinction » avec le règlement opérationnel local. Le GTO pose le socle commun, mais c'est le R.O de chaque SDIS qui prime sur le terrain. Cette complémentarité entre référentiel national et pratique locale est, selon moi, l'un des points les plus précieux à retenir pour quiconque souhaite progresser dans la maîtrise des techniques d'extinction.
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