Pompier en uniforme tenant une hache devant la caserne

Division d’attaque pompier : rôle et organisation

By Hervé

Acheminer l’eau depuis une prise d’eau jusqu’au cœur d’un sinistre en quelques dizaines de secondes — voilà l’enjeu quotidien des sapeurs-pompiers sur un feu structurel. La division d’attaque est le dispositif hydraulique qui rend cela possible. Je vous propose de décortiquer sa composition, son organisation et les raisons pour lesquelles elle s’impose aujourd’hui comme un standard opérationnel dans de nombreux services départementaux d’incendie et de secours relevant de la fonction publique territoriale.

Composition et équipement de la division d’attaque pompier

La division d’attaque repose sur des tuyaux de diamètre 70, conditionnés en longueurs de 20 à 40 mètres, enroulés en écheveaux ou en cheveau paulé. Le SDIS 78 a ainsi généralisé le tuyau de diamètre 70 de 40 mètres en cheveau paulé, établi immédiatement depuis l’engin vers le point d’attaque.

Le sac d’alimentation contient habituellement deux tuyaux de diamètre 70 en 20 mètres, plus la division elle-même. Cette division pré-connectée permet de raccorder plusieurs lances supplémentaires sans encombrer l’espace de travail du conducteur. Le SDIS 13 opte pour une configuration 65/65 avec des tuyaux de diamètre 40, tandis que le SDIS 62 dispose de 120 mètres de tuyaux pré-connectés en diamètre 70, complétés par 80 mètres paulés avec une LDJR de 1000 litres/minute.

Le binôme d’attaque emporte une LDJR classe 500 à double régulation, un tuyau de diamètre 45 plié en « O », deux tuyaux de 45 pliés en « Z », et une commande. Le chef et l’équipier portent chacun un ARI. Les tuyaux peuvent aussi être rangés dans des caisses en plastique, avec des combinaisons variées : tuyaux de 45, de 70, ou un mélange selon les besoins opérationnels du moment.

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Organisation des binômes et méthodes de déploiement sur intervention

Répartition des rôles entre binômes

Deux binômes structurent l’établissement : le binôme d’alimentation et le binôme d’attaque. Le premier comprend un chef et un équipier, portant chacun un tuyau de diamètre 70 en 20 mètres. Le second intègre chef et équipier équipés de leur ARI, prêts à progresser vers le foyer.

Méthodes de déplacement et systèmes de portage

Quatre approches de déplacement existent : déplacer, transporter, tirer et déposer. Tirer un tuyau sur dévidoir génère une fatigue notable à cause des frottements au sol. Déposer progressivement s’avère nettement moins éprouvant.

Un principe fondamental s’applique au roulage : un tuyau bien roulé se déroule sans accrochage, avec une boucle plus courte de chaque côté. Les caisses, sacs et écheveaux épaulés — maintenus par velcro ou caoutchouc découpé dans des chambres à air — permettent un établissement express avec une fatigue très réduite.

Sur le plateau technique de l’École du Feu de Jurbise en 2007, l’équipe avec caisse débitait déjà 500 litres/minute après seulement 27 secondes, quand l’équipe HP n’était pas encore en place. À Saint-Ghislain en décembre 2007, l’équipe caisse atteignait le point d’arrosage en trottinant, pendant que l’équipe adverse, essoufflée, ne débitait que 150 litres/minute.

Bénéfices opérationnels de la division d’attaque dans les situations courantes d’incendie

Les pavillons imbriqués, inaccessibles directement en raison de côtés, pentes, escaliers ou passages piétons, constituent le cas d’usage le plus fréquent. La division d’attaque y réduit significativement la fatigue du personnel, tout en maintenant un débit suffisant au point de progression.

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Pour les immeubles en étages, la division peut être laissée au 3e étage lors d’une intervention à partir du 4e, évitant ainsi la gestion d’une réserve de longueurs de tuyau excessive en dessous. Elle peut également remplacer une colonne sèche défaillante : une polyvalence rare parmi les dispositifs hydrauliques.

Côté hydraulique, un débit minimum de 350 à 400 litres/minute s’impose en situation de danger maximal dans un local. Les tuyaux semi-rigides plafonnent à 100 à 200 litres/minute — clairement insuffisant. Les tuyaux de 45 millimètres offrent le meilleur compromis — jusqu’à 500 litres/minute avec une excellente maniabilité. Une lance à ce débit maîtrise un feu impliquant totalement une pièce d’environ 40 mètres carrés.

L’exercice feu réel mené à Mouscron illustre parfaitement cette efficacité : 15 secondes de passage de porte, 10 secondes de progression, 50 secondes d’attaque — soit 1 minute et 15 secondes au total pour une consommation de seulement 60 litres d’eau. Des chiffres qui font réfléchir sur la doctrine d’extinction à adopter dès la réception de l’alarme incendie.

Hervé